Description :
D’anciennes sources chinoises nous apprennent que, déjà aux 6e et 7e siècle, au nord du lac Baïkal, des hommes attelaient les rennes comme des chevaux pour transporter des marchandises. Malgré [...]
Description :
D’anciennes sources chinoises nous apprennent que, déjà aux 6e et 7e siècle, au nord du lac Baïkal, des hommes attelaient les rennes comme des chevaux pour transporter des marchandises. Malgré la marche forcée de la soviétisation - apprentissage du russe, collectivisation- puis les soubresauts de l’après-perestroïka, ces éleveurs nomades, les Nénètses, ont réussi à perpétuer leurs traditions. Ils ont su, à travers les âges, concilier identité et modernité.
Aujourd’hui, grâce à la présence de Charlotte de Turckheim et ce “Rendez-vous en terre inconnue”, ils ont l’occasion de faire entendre leur voix... La voix d’un peuple autochtone qui souhaite préserver sa culture.
Pour ce troisième film, Charlotte de Turckheim et Frédéric Lopez partent à la rencontre de Kirill et du peuple nénètse. Leur destination : la péninsule du Yamal au nord de la Sibérie occidentale. Au-delà du cercle polaire arctique, Charlotte a rendez-vous avec les plus grands éleveurs de rennes au monde. Dans cette toundra où seuls quelques mousses et lichens poussent et où les températures atteignent souvent -50C, les Nénètses continuent de maintenir un mode de vie traditionnel.
Après deux jours de voyage, c’est dans une ville presque coupée du monde, à Yar Sale, que Charlotte de Turckheim et Frédéric Lopez font la connaissance de Kirill, leur guide pour cette expédition. A bord d’un hélicoptère, ils survolent l’immensité blanche de la toundra à la recherche d’un campement particulier, celui de Oleg. Des kilomètres et des kilomètres sans vie puis quelques taches noires se détachent du sol : ce sont des tchoums, l’habitat nénètse. Dans cet environnement hostile, le tchoum est l’endroit où vit toute une famille. C’est Oleg, et sa femme Lena qui hébergeront Charlotte et Frédéric. Oleg est le chef du campement. Il est le garant de la survie du clan. C’est à lui de décider où installer les tchoums et de choisir les bons pâturages pour les rennes. Ils sont encore environ 10 000 à perpétuer ce mode de vie nomade toujours à la recherche de ce lichen blanc, principale source de nourriture des troupeaux. Les Nénètses reste rarement plus de 5 jours au même endroit. Ils vivent ainsi depuis plusieurs siècles, au rythme du renne.
Mais la beauté des pâturages de la toundra est menacée. Le richesse pétrolifère et gazière du sous-sol fait peser sur le mode vie nénètse une lourde menace. En trente ans, le Yamal est devenu l’une des régions les plus contributrices de l’économie russe. Elle fournit plus de 90% du gaz et 14% du pétrole de la Russie qui est le 1er pays exportateur de gaz au monde et se classe au deuxième rang derrière l’Arabie Saoudite pour l’exportation de pétrole. Un quart du gaz consommé en Europe vient de Russie. L’exploitation de cette ressource génère des sommes d’argent colossales. Pour maintenir cette manne financière, la Russie devra exploiter toujours plus de gisements au Yamal. D’ici 50 ans, on estime que l’Europe sera d’ailleurs totalement dépendante du gaz de cette région. La richesse du Yamal attire les travailleurs russes car dans cette région les salaires sont 4 fois supérieurs au reste de la Russie. Aujourd’hui, les Nénètses sont devenus minoritaires sur leur territoire d’origine. La région du Yamal est l’une des plus riches du pays : de 7 à 17 ans, les enfants sont logés, nourris, blanchis gracieusement dans un pensionnat tout confort. Cette vie facile incite les jeunes Nénètses à poursuivre leurs études et à rester à la ville plutôt que de retourner au campement pour devenir éleveurs, comme leurs parents.
En contrepartie des terres utilisées pour l’exploitation du gaz, les populations autochtones reçoivent des subventions. Demain, le développement futur de l’exploitation gazière détruira toujours plus de pâturages et mettra donc la vie des rennes en grand péril. Or, sans troupeaux de rennes, l’Homme ne peut pas survivre dans la toundra.
Le paradoxe est cruel puisque cet argent, qui revient naturellement au peuple Nénètse, risque également de précipiter l’abandon de leur culture ancestrale et de leur mode de vie traditionnel... Certains, comme Kirill, veulent aider les Nénètses à perpétuer leur mode de vie et à préserver cet équilibre fragile.
La froide et blanche toundra est aussi belle que les conditions de vie y sont extrêmes. Jusqu’ici les nénètses ont réussi à assimiler le progrès sans remettre en cause leur mode de vie traditionnel. Nénètse signifie Homme. Les Nénètses sont les Hommes de ce territoire de glace. Ils sont d’ailleurs comme la glace, forts et fragiles à la fois. Ils ont su tirer parti de la modernité sans renier leur identité car ils sont restés debout, fiers de leur histoire. En un mot : libres.
Vidéo ajoutée le : 10-12-2008 18:04:52
Catégories :
Voyages
Télévision
People
Mots-clés :
rendez vous en terre inconnue
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Langue : Français
Lieu de tournage :
n/a
Adresse de la vidéo : http://videos.lesoir.be/video/iLyROoafJ8pt.html
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